Comment calculer la pension alimentaire en 2026 : la table de référence pas à pas

La table de référence du ministère de la Justice retire du revenu mensuel du parent qui paie un minimum vital égal au RSA d'une personne seule (651,69 € au 1er avril 2026), puis applique un pourcentage par enfant : 13,5 % pour un enfant avec un droit de visite classique. Pour 2 000 € de revenu, cela donne environ 182 € par mois. Le barème est indicatif.

Sur quoi repose le calcul de la pension alimentaire ?

La pension traduit une règle simple : chaque parent contribue à l'entretien et à l'éducation de l'enfant à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent et des besoins de l'enfant (article 371-2 du Code civil). Après la séparation, cette contribution prend la forme d'une pension versée par un parent à l'autre (article 373-2-2).

Elle peut prendre plusieurs formes : une somme mensuelle, une prise en charge directe de certains frais exposés au profit de l'enfant, ou les deux. Le Code civil admet aussi, plus rarement, un droit d'usage et d'habitation, par exemple l'occupation d'un logement.

Dans un divorce amiable, aucun juge ne fixe le montant : les parents s'accordent, conseillés par leurs avocats. La table de référence sert alors de point de repère commun, et le simulateur officiel de Service-Public.fr l'applique en quelques clics.

Comment fonctionne la table de référence du ministère de la Justice ?

La table, diffusée aux juridictions en 2010, ne demande que trois informations : le revenu du parent débiteur, le nombre total d'enfants à sa charge et l'amplitude du droit de visite et d'hébergement. Le nombre d'enfants compte tous ses enfants, quelle que soit l'union dont ils sont nés.

Le calcul se fait en deux temps. On retire d'abord du revenu un minimum vital, pour que le parent qui paie ne soit pas mis dans une situation financière insoutenable. On applique ensuite au solde un pourcentage par enfant, qui diminue quand le nombre d'enfants augmente et quand le temps passé chez le parent débiteur s'allonge.

Pourcentage appliqué par enfant (table de référence, InfoStat Justice n° 116)
Enfants à chargeDroit réduitDroit classiqueRésidence alternée
118,0 %13,5 %9,0 %
215,5 %11,5 %7,8 %
313,3 %10,0 %6,7 %
411,7 %8,8 %5,9 %
510,6 %8,0 %5,3 %
69,5 %7,2 %4,8 %

La colonne « résidence alternée » vise une alternance sans partage spontané des frais entre les parents. Si vous partagez déjà directement les dépenses, le montant tiré de cette colonne doit être ajusté.

Quel minimum vital retenir en 2026 ?

Le minimum vital correspond au montant du RSA pour une personne seule. Le document du ministère de la Justice qui présente la table retenait 467 €, le montant de l'époque ; le RSA a été revalorisé depuis. Au 1er avril 2026, le montant forfaitaire du RSA pour une personne seule est de 651,69 € (Service-Public.fr).

Les exemples de ce guide retiennent donc 651,69 €. Le simulateur officiel ne fait pas apparaître le minimum vital qu'il applique : comparez votre calcul avec son résultat. Il ne traite pas non plus les revenus supérieurs à 5 000 € par mois, pour lesquels la table n'a pas été conçue.

À retenir

Formule de la table : (revenu mensuel net du parent débiteur − 651,69 €) × pourcentage de la table = pension par enfant. Multipliez ensuite par le nombre d'enfants concernés par la pension.

À combien s'élève la pension dans des cas concrets ?

Voici trois calculs indicatifs avec un minimum vital de 651,69 €. Les montants sont arrondis à l'euro.

Exemples de calcul avec la table de référence (revenus mensuels nets)
SituationCalculPension par enfantTotal mensuel
2 000 €, 1 enfant, droit classique1 348,31 × 13,5 %182 €182 €
1 500 €, 1 enfant, droit réduit848,31 × 18 %153 €153 €
3 000 €, 2 enfants, alternance2 348,31 × 7,8 %183 €366 €
2 500 €, 3 enfants dont 2 d'une première union, droit classique pour le 3e1 848,31 × 10 %185 €185 €

Le dernier exemple montre l'effet de la règle du nombre total d'enfants : le parent a trois enfants à charge, donc on prend la ligne « 3 », même si la pension calculée ici ne concerne qu'un seul d'entre eux.

Quels revenus faut-il prendre en compte ?

Le simulateur officiel demande les revenus mensuels nets du parent débiteur, avant prélèvement de l'impôt sur le revenu. Pour des revenus variables, une moyenne sur l'année est plus juste qu'un mois isolé : avis d'imposition, bulletins de salaire, bilans pour un indépendant.

Selon Service-Public.fr, les revenus d'un nouveau conjoint ne s'ajoutent pas à ceux du parent débiteur. Ils sont en revanche pris en compte dans le partage des charges du foyer, comme le loyer. Chaque parent a intérêt à présenter un budget complet, ressources et charges, à son avocat.

La table ne regarde que le revenu du parent qui paie. Or la loi tient compte des ressources des deux parents : un écart très important, dans un sens ou dans l'autre, justifie souvent de s'écarter du résultat.

Peut-on s'écarter du montant de la table ?

Oui. La table est facultative et le simulateur précise qu'il ne donne qu'une estimation. Les parents peuvent retenir un montant plus élevé ou plus bas, à condition qu'il réponde réellement aux besoins de l'enfant.

Les raisons de s'en écarter sont fréquentes : frais de garde d'un jeune enfant, santé ou handicap, scolarité privée, activités régulières, temps de trajet important pour exercer le droit de visite. Plutôt que de gonfler la pension, vous pouvez aussi prévoir le partage direct de certaines dépenses, comme expliqué dans notre guide sur les frais exceptionnels des enfants.

À l'inverse, un parent qui prouve qu'il ne peut rien payer peut, exceptionnellement, être dispensé de pension (Service-Public.fr). Dans un divorce amiable, cette situation doit être expliquée clairement dans la convention.

Comment écrire la pension dans la convention de divorce ?

La clause doit préciser le montant par enfant, la date de paiement, le point de départ et la clause d'indexation. La pension est due douze mois sur douze, vacances comprises. Elle ne s'arrête pas automatiquement à la majorité : elle continue tant que l'enfant poursuit ses études et n'est pas autonome financièrement.

Par défaut, la pension fixée en argent est versée par l'intermédiaire de la Caf ou de la MSA, sauf refus des deux parents mentionné dans la convention. Le fonctionnement est expliqué dans notre guide sur l'intermédiation financière. Pour faire évoluer le montant chaque année, puis le réviser si la situation change, lisez notre guide sur la modification de la pension.

Chez Divorcial, l'avocat de chaque époux vérifie avec son client que le montant retenu est cohérent avec sa situation, et un conseiller se charge de l'administratif et du suivi du dossier.

Questions fréquentes

Le simulateur de Service-Public.fr est-il fiable ?

C'est l'outil officiel qui applique la table de référence. Il demande le revenu mensuel net du parent débiteur, le type de droit de visite, le nombre d'enfants à sa charge et celui des enfants concernés. Il donne une estimation, pas un montant obligatoire.

Les allocations familiales entrent-elles dans le calcul ?

Non. La table de référence repose uniquement sur le revenu du parent débiteur, hors prestations familiales. Les allocations ne réduisent donc pas mécaniquement la pension calculée, même si elles font partie du budget global à discuter.

Que se passe-t-il si le parent débiteur gagne moins que le minimum vital ?

Le calcul de la table donne alors zéro. Les parents peuvent néanmoins convenir d'une petite contribution ou d'une prise en charge directe de certains frais, selon les capacités réelles de chacun.

La pension est-elle la même pour un enfant de 3 ans et un adolescent ?

La table ne distingue pas selon l'âge : ses concepteurs ont lissé le coût de l'enfant sur toute la minorité pour n'avoir qu'une seule table. Les parents peuvent prévoir un montant qui augmente à un âge donné.

Faut-il déclarer la pension alimentaire aux impôts ?

Oui. La pension versée ou reçue se déclare sur la déclaration de revenus de chaque parent. Exception : pour un enfant en résidence alternée compté à charge, la pension n'est pas déductible pour celui qui la verse et n'est pas déclarée par celui qui la reçoit.

Sources