Le divorce en ligne est-il légal en France ?
Oui. Il n'existe pas de « divorce en ligne » distinct en droit français : il s'agit du divorce par consentement mutuel sans juge, en vigueur depuis le 1er janvier 2017, dont une partie des échanges se fait par internet.
Les règles sont exactement les mêmes qu'en cabinet. Chaque époux a son propre avocat (article 229-1 du Code civil). La convention comporte des mentions obligatoires, sous peine de nullité (article 229-3). Chaque avocat envoie le projet à son client par lettre recommandée avec avis de réception, ce qui ouvre un délai de réflexion de 15 jours (article 229-4). La convention signée est ensuite transmise au notaire dans les 7 jours, puis déposée au rang de ses minutes dans les 15 jours.
Un site peut faciliter ces étapes, il ne peut pas les supprimer. Toute offre qui promet un divorce en quelques jours, ou sans avocat pour l'un des époux, ne correspond pas à cette procédure. Notre guide sur la procédure du divorce amiable détaille le calendrier réel.
Que peut-on faire à distance, et que ne peut-on pas faire ?
Presque tout se fait à distance, sauf deux moments encadrés par les textes : la réception du projet et la signature.
| Étape | À distance ? | Règle |
|---|---|---|
| Questionnaire, envoi des documents | Oui | Libre |
| Échanges avec votre avocat | Oui | Par écrit, téléphone ou visioconférence |
| Réception du projet de convention | Lettre recommandée | Art. 229-4 C. civ. ; délai de 15 jours |
| Signature de la convention | Réunion des époux et des avocats | Art. 1145 CPC ; signature électronique possible |
| Dépôt chez le notaire | Par les avocats | Art. 1146 et 1147 CPC |
Depuis le 28 février 2022, l'article 1145 du Code de procédure civile prévoit que la convention est signée ensemble par les époux et leurs avocats réunis à cet effet, et que la signature peut être électronique dans les mêmes conditions. Demandez au prestataire comment se déroule concrètement cette réunion.
Qui est derrière le site : un cabinet ou une plateforme ?
Les deux existent, et les deux peuvent être sérieux. Ce qui compte, c'est que le site dise clairement ce qu'il est.
Un cabinet d'avocats qui propose ses services en ligne est soumis aux règles de la profession : c'est l'avocat qui vous conseille et rédige. Une plateforme, elle, n'est pas un cabinet d'avocats : elle n'est pas avocate et ne peut pas vous donner de conseil juridique à la place de votre avocat.
Comment vérifier les mentions légales d'un site ?
Cherchez la page « Mentions légales », généralement en pied de page. Leur absence est en soi un motif de méfiance : elles sont obligatoires pour tout site professionnel (loi pour la confiance dans l'économie numérique, article 1-1).
Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, le site d'une société doit indiquer notamment :
- sa dénomination sociale, sa forme juridique et son capital ;
- l'adresse de son siège, une adresse e-mail et un numéro de téléphone ;
- son numéro d'immatriculation au registre du commerce ou au registre national des entreprises ;
- le nom du directeur de la publication et les coordonnées de l'hébergeur ;
- pour une profession réglementée, le titre professionnel et l'ordre d'inscription.
Vérifiez ensuite le numéro d'immatriculation sur un registre public : la société existe-t-elle, à l'adresse indiquée, depuis combien de temps ? Un site sans nom de société, ou avec une adresse introuvable, ne permet aucun recours en cas de problème.
Comment vérifier que votre avocat existe vraiment ?
Votre avocat doit être inscrit à un barreau français. C'est la vérification la plus importante, et elle prend deux minutes.
Le Conseil national des barreaux publie un annuaire des avocats de France. Recherchez le nom de votre avocat : vous devez y trouver un avocat inscrit à un barreau français. Comparez le barreau et l'adresse avec ceux indiqués par le site.
Vérifiez aussi que l'avocat de votre conjoint est une autre personne, d'un autre cabinet, choisie ou acceptée par votre conjoint. La loi exige un avocat par époux pour que chacun soit conseillé de façon indépendante.
À retenir
Un avocat par époux, inscrit à un barreau et présent dans l'annuaire du CNB, et une convention d'honoraires signée avec lui : ce sont les vérifications essentielles.
Les avis en ligne sont-ils fiables ?
Ils sont utiles s'ils viennent de sources indépendantes et s'ils sont vérifiables. Le Code de la consommation encadre leur présentation.
L'article L111-7-2 du Code de la consommation impose à ceux qui collectent ou diffusent des avis de consommateurs d'informer de façon loyale, claire et transparente sur leurs modalités de publication et de traitement, et d'indiquer s'ils font l'objet d'une procédure de contrôle. La publication de faux avis est par ailleurs une pratique commerciale trompeuse.
En pratique, privilégiez les avis publiés sur des plateformes tierces plutôt que sur le site lui-même. Regardez leur date, leur nombre, la présence d'avis négatifs et les réponses apportées. Une note parfaite, sans aucune critique, sur un petit nombre d'avis récents, appelle la prudence.
Quels signaux doivent vous alerter ?
Certains signaux suffisent à écarter une offre, quel que soit son prix.
- Pas de mentions légales, ou une société impossible à identifier.
- Un seul avocat proposé pour les deux époux.
- Une promesse de délai incompatible avec les 15 jours de réflexion et le dépôt chez le notaire.
- Aucune convention d'honoraires avec l'avocat.
- Une procédure présentée comme « sans juge » alors qu'un enfant mineur a demandé à être entendu, ou qu'un époux est sous tutelle ou curatelle : le juge est alors obligatoire (article 229-2 du Code civil).
En cas de violences conjugales ou d'emprise, un divorce amiable n'est pas adapté. Le 3919 est gratuit et anonyme ; en cas d'urgence, appelez le 17. Le juge peut délivrer une ordonnance de protection. Nos critères de prix sont détaillés dans le guide divorce pas cher : les pièges.
Questions fréquentes
Faut-il se déplacer au moins une fois pour un divorce en ligne ?
Les échanges peuvent se faire à distance. La signature, elle, réunit les époux et leurs avocats, et peut être électronique selon l'article 1145 du Code de procédure civile. Demandez au prestataire comment cette réunion est organisée dans votre cas.
Mes données personnelles sont-elles protégées ?
Les informations confiées à votre avocat sont couvertes par le secret professionnel. Le site doit aussi respecter le règlement général sur la protection des données. Lisez sa politique de confidentialité : elle indique qui accède à vos documents et combien de temps ils sont conservés.
Un divorce en ligne est-il reconnu à l'étranger ?
Le divorce en ligne est un divorce par consentement mutuel ordinaire, avec les mêmes effets en France. Sa reconnaissance à l'étranger dépend du pays concerné et de ses règles. Si l'un de vous a des liens avec un autre pays, abordez ce point avec votre avocat avant de commencer.
Que faire si le site disparaît en cours de procédure ?
Votre contrat de mission vous lie à votre avocat, pas au site : il peut poursuivre le dossier. Conservez ses coordonnées et votre convention d'honoraires.
Information générale, pas un conseil juridique. Ce guide présente le droit applicable au 2 novembre 2026. Chaque situation est différente : seul un avocat peut analyser la vôtre.
Sources
- Code civil, art. 229-1 à 229-4 (divorce par consentement mutuel)
- Code de procédure civile, art. 1145 (signature)
- Code de procédure civile, art. 1144 à 1148-3
- Conseil national des barreaux : annuaire des avocats
- Entreprendre.service-public.gouv.fr : mentions obligatoires d'un site
- Service-public.gouv.fr : divorce par consentement mutuel