Divorcer peu de temps après le mariage : ce qu'il faut savoir

Vous pouvez divorcer à tout moment : la loi n'impose aucune durée minimale de mariage. Après un an, six mois ou quelques semaines, le divorce amiable suit les mêmes règles : un avocat chacun, une convention et 15 jours de réflexion. Seul le divorce pour altération définitive du lien conjugal, demandé sans l'accord de l'autre, exige un an de séparation.

Existe-t-il une durée minimale de mariage pour divorcer ?

Non. Ni les articles 229-1 à 229-4 du Code civil sur le divorce par consentement mutuel, ni les règles des divorces judiciaires ne prévoient de durée minimale de mariage. Vous n'avez pas non plus à justifier pourquoi le mariage s'arrête si vite.

La confusion vient souvent du délai d'un an prévu pour le divorce pour altération définitive du lien conjugal. Ce délai ne compte pas la durée du mariage, mais la durée de séparation des époux, et il ne concerne que l'époux qui demande le divorce sans l'accord de l'autre (article 238 du Code civil). Si vous êtes d'accord tous les deux, il ne s'applique pas.

Le divorce amiable obéit donc aux conditions habituelles, présentées dans le guide les conditions du divorce par consentement mutuel : accord complet, un avocat chacun, aucun enfant qui demande à être entendu, aucun époux sous protection.

Divorce ou annulation du mariage : quelle différence ?

Le divorce met fin à un mariage valable ; l'annulation sanctionne un mariage qui n'aurait pas dû être célébré. Ce n'est pas une option pour un mariage simplement court ou malheureux.

L'annulation, que l'on appelle aussi nullité du mariage, suppose une cause prévue par la loi. Par exemple, le mariage contracté sans le consentement libre de l'un des époux, ou à la suite d'une erreur sur la personne ou sur ses qualités essentielles (article 180 du Code civil). Elle est toujours prononcée par un tribunal, à l'issue d'une procédure contentieuse, et ses effets sont différents de ceux du divorce.

Si vous vous interrogez sur une annulation, par exemple parce que votre conjoint vous a caché un élément déterminant, consultez un avocat avant de vous engager dans un divorce : les deux voies ne se combinent pas. Dans la très grande majorité des cas de mariage court, le divorce amiable reste la voie simple et rapide.

Un mariage court change-t-il la prestation compensatoire ?

Oui, la durée du mariage est l'un des critères. La prestation compensatoire vise à compenser, autant que possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives des époux (article 270 du Code civil). Il n'existe aucun barème légal.

Pour l'évaluer, on tient compte notamment de la durée du mariage, de l'âge et de l'état de santé des époux, de leur qualification et de leur situation professionnelle, des choix professionnels faits pendant la vie commune et de leur patrimoine (article 271). Après quelques mois de mariage, la disparité créée par le mariage lui-même est souvent limitée, mais chaque situation est examinée pour ce qu'elle est.

Dans un divorce amiable, ce sont les époux, conseillés par leurs avocats, qui décident s'il y a lieu à prestation compensatoire et en fixent le montant. Le guide la prestation compensatoire en divorce amiable détaille le calcul.

Que deviennent les biens et les donations ?

Tout dépend de votre régime matrimonial. Sans contrat de mariage, vous êtes mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts : les biens acquis pendant le mariage sont en principe communs, alors que ceux que chacun possédait avant le mariage, ou a reçus par donation ou succession, lui restent propres. Après un mariage court, la communauté est souvent réduite à peu de choses : un compte, des meubles, une voiture.

La convention doit régler ce partage ou indiquer qu'il n'y a rien à liquider (article 229-3 du Code civil). Si un bien immobilier a été acheté ensemble, l'état liquidatif est établi par un notaire, et le droit de partage de 1,10 % de l'actif net partagé s'applique.

Pour les donations entre époux, le divorce est sans incidence sur les donations de biens présents, c'est-à-dire celles qui ont pris effet pendant le mariage. Il révoque en revanche de plein droit les avantages matrimoniaux qui ne prennent effet qu'à la dissolution du régime ou au décès, et les dispositions à cause de mort, sauf volonté contraire de l'époux qui les a consenties (article 265 du Code civil).

Quels impôts déclarer quand mariage et divorce sont proches ?

Deux règles se succèdent. L'année du mariage, vous déposez en principe une déclaration commune pour l'année entière, mais vous pouvez opter de manière irrévocable pour une imposition séparée, pour cette seule année, selon impots.gouv.fr.

L'année du divorce, chaque ex-époux dépose sa propre déclaration pour l'année entière, avec ses revenus personnels et sa part des revenus communs, quelle que soit la date du divorce, selon impots.gouv.fr. Pensez aussi à signaler le changement de situation pour adapter votre taux de prélèvement à la source.

Exemple

Camille et Hugo se marient en mai 2025 et divorcent par dépôt de leur convention chez le notaire en mars 2026. Pour les revenus 2025, ils déposent une déclaration commune, sauf s'ils ont opté pour l'imposition séparée l'année du mariage. Pour les revenus 2026, chacun dépose sa propre déclaration pour toute l'année.

Votre situation exacte dépend des dates : faites-la vérifier, et consultez le guide les impôts l'année du divorce.

Le divorce est-il plus rapide et moins cher après un mariage court ?

Les délais légaux sont les mêmes : 15 jours de réflexion après réception du projet en recommandé, 7 jours au plus pour transmettre la convention au notaire, 15 jours au plus pour le dépôt. Mais un mariage court signifie souvent moins de biens à partager et moins de pièces à réunir, ce qui accélère la rédaction.

Le coût suit la même logique. Sans enfant mineur ni bien immobilier, il n'y a pas d'état liquidatif notarié à payer. Chez Divorcial, un divorce amiable commence à 189 € par époux, et le conseiller vous précise le prix exact de votre situation lors de son appel.

À retenir

Aucune durée minimale de mariage, aucun délai de séparation, aucun motif à donner. Un mariage court se dissout par la même procédure qu'un mariage long, souvent plus simplement, faute de patrimoine important à partager.

Pour estimer la durée totale, consultez le guide combien de temps dure un divorce amiable.

Quelles précautions si votre titre de séjour dépend du mariage ?

Si l'un de vous est étranger et que son droit au séjour en France a été obtenu en tant que conjoint, le divorce peut avoir des conséquences sur le renouvellement de son titre. Les règles dépendent de la nationalité, du type de titre et de la situation personnelle.

Avant de signer, faites examiner ce point par votre avocat : il vous dira si le calendrier du divorce ou certaines circonstances, comme des violences subies, peuvent compter. Le guide divorce et titre de séjour présente les principales situations.

Que faire si le mariage s'est mal passé dès le début ?

Si vous subissez des violences, physiques, psychologiques ou économiques, votre sécurité passe avant la procédure. Appelez le 3919, numéro gratuit et anonyme, ou le 17 en cas d'urgence. Le juge aux affaires familiales peut délivrer une ordonnance de protection.

Le divorce amiable suppose une négociation libre entre deux personnes à égalité. En cas d'emprise, il n'est pas adapté : parlez-en à un avocat, qui vous orientera vers la procédure qui vous protège. Le guide violences conjugales et divorce détaille les recours.

Questions fréquentes

Peut-on divorcer un an après le mariage sans l'accord de son conjoint ?

Oui, mais devant le juge. Le divorce pour altération définitive du lien conjugal suppose que les époux vivent séparés depuis au moins un an lors de la demande. Le divorce pour faute ne demande aucun délai. Le divorce amiable, lui, exige l'accord des deux.

Perd-on le nom de son conjoint même après quelques mois de mariage ?

Oui. Après le divorce, chacun perd l'usage du nom de l'autre, quelle que soit la durée du mariage. Il peut le conserver avec l'accord de son ex-conjoint, prévu dans la convention, ou avec l'autorisation du juge s'il justifie d'un intérêt particulier (article 264 du Code civil).

Faut-il un notaire pour divorcer après un mariage court ?

Seulement pour le dépôt de la convention, qui coûte 49,44 € TTC et se fait sans rendez-vous. Un passage chez le notaire pour un état liquidatif n'est nécessaire que si un bien immobilier doit être partagé. Sinon, la convention règle le partage ou déclare qu'il n'y a rien à liquider.

Peut-on se remarier rapidement après le divorce ?

Oui, une fois le divorce acquis par le dépôt chez le notaire et mentionné en marge de l'acte de mariage et des actes de naissance. Cette mention, demandée sur présentation de l'attestation de dépôt, est nécessaire pour un nouveau mariage ou un Pacs.

Sources