Documents à fournir pour un divorce amiable : la liste complète en 2026

Pour un divorce amiable, chaque époux remet à son avocat ses pièces d'état civil (identité, acte de mariage, actes de naissance, livret de famille), ses justificatifs de revenus et de charges, puis, selon le cas, les documents des enfants et des biens à partager. Un dossier complet dès le départ est ce qui raccourcit le plus la procédure.

Quels documents faut-il pour un divorce amiable ?

Les documents servent à deux choses : identifier précisément les époux et les enfants, et permettre aux deux avocats de rédiger une convention qui règle toutes les conséquences du divorce. L'article 229-3 du Code civil impose en effet des mentions précises, à peine de nullité : identité complète, accord sur la rupture, règlement des effets du divorce, état liquidatif du régime matrimonial ou déclaration qu'il n'y a rien à liquider, information des enfants mineurs.

La liste varie donc selon votre situation. Un couple sans enfant ni bien commun fournit surtout de l'état civil et des justificatifs de revenus. Un couple propriétaire avec deux enfants ajoute les pièces du logement, du prêt et des enfants. Le tableau ci-dessous résume ce qui est demandé le plus souvent ; votre avocat vous donnera la liste exacte.

SituationDocuments habituellement demandésÀ quoi ils servent
Tous les couplesPièce d'identité, acte de mariage, actes de naissance, livret de famille, justificatif de domicileIdentité complète des époux (art. 229-3)
Tous les couplesAvis d'imposition, justificatifs de revenus et de chargesPension, prestation compensatoire, aide juridictionnelle
Contrat de mariageCopie du contrat, éventuel changement de régimeLiquidation du régime matrimonial
Enfants mineursActes de naissance, formulaire d'information signé, frais réguliersRésidence, pension, information de l'enfant
Bien immobilierTitre de propriété, estimation, tableau d'amortissementÉtat liquidatif chez le notaire
Comptes, épargne, dettesRelevés récents, contrats, offres de créditPartage de l'actif et du passif

Quelles pièces d'état civil réunir ?

Ce sont les premières pièces à demander, car elles sont exigées dans tous les dossiers. Chaque époux fournit une pièce d'identité en cours de validité et un justificatif de domicile, surtout si vous vivez déjà à deux adresses différentes.

Les avocats demandent en général des copies récentes ; votre avocat vous indiquera l'ancienneté qu'il accepte. Pour une personne née ou mariée à l'étranger, l'acte peut être détenu par le Service central d'état civil, et une traduction par un traducteur assermenté peut être nécessaire. Le guide traduction et apostille détaille ces démarches.

Quels justificatifs de revenus et de charges fournir ?

Ces pièces permettent de mesurer la situation financière de chacun, avant et après le divorce. Elles sont indispensables pour fixer une pension alimentaire ou discuter d'une prestation compensatoire, et pour vérifier si l'un de vous a droit à l'aide juridictionnelle.

La prestation compensatoire n'a pas de barème légal : elle s'apprécie notamment au regard des revenus, du patrimoine, de la durée du mariage et des droits à retraite (article 271 du Code civil). Si elle est envisagée, vos avocats peuvent donc demander aussi un relevé de carrière ou une estimation de vos droits à retraite. Le guide prestation compensatoire explique les critères.

Quels documents pour les enfants mineurs ?

Pour chaque enfant mineur, la convention doit contenir l'identité de l'enfant et la mention qu'il a été informé de son droit d'être entendu par un juge et qu'il ne souhaite pas l'exercer. Il faut donc ses actes de naissance et, pour l'enfant capable de discernement, le formulaire d'information signé.

Ce formulaire suit le modèle fixé par l'arrêté du 28 décembre 2016. L'enfant y indique s'il souhaite être entendu, en cochant « oui » ou « non », puis il date et signe. S'il demande à être entendu, le divorce sans juge n'est plus possible (article 229-2 du Code civil). Pour l'enfant trop jeune pour avoir le discernement nécessaire, la convention l'indique. Notre guide sur le formulaire d'information de l'enfant mineur détaille son usage.

Pour fixer la pension alimentaire et le partage des frais, rassemblez aussi les dépenses régulières des enfants : cantine, garde, activités, frais de santé non remboursés, scolarité. Pensez enfin aux coordonnées bancaires de chacun : sauf refus des deux parents, la pension est versée par l'intermédiaire de la Caf ou de la MSA (article 373-2-2 du Code civil).

Quels documents pour le logement et les biens à partager ?

Dès qu'il existe des biens, la convention doit contenir un état liquidatif, c'est-à-dire l'inventaire et le partage de ce que vous possédez. S'il porte sur un bien soumis à la publicité foncière, comme une maison ou un appartement, il doit être établi par un notaire, en la forme authentique.

Pour un bien immobilier

Si l'un de vous a financé une partie de l'achat avec des fonds personnels, par exemple un héritage, gardez-en la preuve : cela peut ouvrir droit à une récompense lors du partage. Le guide état liquidatif explique le rôle du notaire.

Pour l'épargne et les autres biens

Réunissez les relevés récents des comptes courants, comptes joints, livrets, plans d'épargne, contrats d'assurance-vie et épargne salariale, ainsi que les certificats d'immatriculation des véhicules. Pour des parts de société, les statuts et les derniers comptes annuels sont utiles.

Quels documents pour les dettes et crédits en cours ?

Les dettes se partagent comme les biens : il faut donc les lister avec précision. Fournissez les offres de prêt et les derniers relevés de chaque crédit (immobilier, consommation, auto), ainsi que tout arriéré d'impôt ou de charges.

Attention : la répartition décidée dans la convention vaut entre vous, mais elle ne s'impose pas à la banque. Si vous êtes co-emprunteurs, la banque peut continuer à vous réclamer le remboursement à l'un comme à l'autre tant qu'elle n'a pas accepté de libérer l'un de vous. Les justificatifs permettent à vos avocats d'organiser ces démarches au bon moment.

Exemple

Claire et Julien sont propriétaires d'un appartement estimé à 260 000 €, avec 110 000 € de prêt restant dû, et ont un enfant de 9 ans. Leur dossier comprend : leurs pièces d'identité et actes d'état civil, le livret de famille, leurs trois derniers bulletins de salaire et avis d'imposition, l'acte d'achat, deux estimations d'agence, le tableau d'amortissement, les relevés de leurs comptes et de leur livret commun, le formulaire d'information signé par leur fils et la liste de ses frais réguliers. Avec ces pièces, les avocats et le notaire disposent de tout ce qu'il faut pour chiffrer l'actif net à partager : 260 000 − 110 000 = 150 000 €.

Quels documents reçoit-on à la fin du divorce ?

À la fin, vous recevez trois documents essentiels : votre original de la convention, l'attestation de dépôt du notaire, puis vos actes d'état civil mis à jour. Conservez-les sans limite de durée.

La convention est signée en trois originaux au moins : un par époux et un pour le notaire. Selon service-public.gouv.fr, des exemplaires supplémentaires peuvent être nécessaires, par exemple pour l'administration fiscale ou la Caf. Le notaire dépose la convention au rang de ses minutes dans les 15 jours qui suivent sa réception et délivre une attestation de dépôt ; le divorce prend effet à cette date. Cette attestation permet de faire porter la mention du divorce en marge de l'acte de mariage et des actes de naissance (article 1147 du Code de procédure civile). Le guide attestation de dépôt explique son utilisation.

Comment préparer son dossier pour gagner du temps ?

La loi impose seulement trois délais : 15 jours de réflexion, 7 jours pour transmettre la convention au notaire et 15 jours pour le dépôt. Tout le reste dépend de la vitesse à laquelle le dossier est complet. Trois habitudes simples font la différence.

À retenir

Trois blocs de pièces suffisent pour la plupart des dossiers : l'état civil, les revenus et charges, puis les enfants et les biens selon votre situation. Chez Divorcial, vos pièces sont réunies avec votre conseiller, qui constitue le dossier, puis transmises à votre avocat : chaque époux a le sien, et c'est lui qui échange avec l'avocat de votre conjoint.

Pour l'ordre des étapes une fois le dossier complet, consultez le guide procédure du divorce par consentement mutuel.

Questions fréquentes

Faut-il fournir une copie intégrale ou un extrait d'acte de mariage ?

Les avocats demandent en général la copie intégrale, car elle reproduit tout l'acte et les mentions portées en marge. Elle se demande gratuitement à la mairie du lieu du mariage, ou au Service central d'état civil si le mariage a été célébré à l'étranger.

Doit-on fournir ses documents si l'on n'a ni enfant ni bien ?

Oui, mais la liste est courte : pièces d'identité, actes d'état civil, livret de famille, justificatif de domicile et justificatifs de revenus. La convention indique alors qu'il n'y a pas de bien à liquider, ce qui évite l'intervention du notaire pour un état liquidatif.

Mon conjoint garde les documents communs : comment faire ?

Indiquez-le à votre avocat. Beaucoup de pièces peuvent être redemandées directement : actes à la mairie, avis d'imposition dans votre espace impots.gouv.fr, relevés auprès de la banque, titre de propriété auprès du notaire qui a reçu l'acte d'achat.

Le formulaire de l'enfant doit-il être signé par un enfant très jeune ?

Non. Le formulaire est destiné à l'enfant capable de discernement. Pour un enfant trop jeune, la convention mentionne qu'il n'a pas été informé de son droit d'être entendu en raison de son âge ou de sa maturité.

Combien d'originaux de la convention faut-il ?

Au moins trois : un pour chaque époux et un pour le notaire, qui le conserve au rang de ses minutes. Des exemplaires supplémentaires peuvent être utiles pour certaines administrations, comme la Caf ou les impôts.

Sources