Rupture de PACS et divorce : les différences de procédure, de coût et d'effets

La rupture d'un PACS est une simple déclaration : conjointe à la mairie, ou unilatérale par commissaire de justice, sans avocat obligatoire ni délai de réflexion. Le divorce amiable exige un avocat par époux, une convention réglant toutes ses conséquences et 15 jours de réflexion. Pour les enfants, les règles sont les mêmes ; pour les biens et l'ex-conjoint, elles diffèrent.

Quelles sont les principales différences entre rupture de PACS et divorce ?

La différence tient à la nature du lien. Le PACS est un contrat entre deux partenaires, qui peut être dissous par une simple déclaration. Le mariage est une institution : sa dissolution passe par un divorce, avec des garanties imposées par la loi, même quand il est amiable.

Rupture de PACSDivorce par consentement mutuel
DémarcheDéclaration conjointe ou décision unilatéraleConvention signée par les époux et leurs avocats
AvocatNon obligatoireUn avocat par époux, obligatoire
Délai de réflexionAucun15 jours minimum
Accord sur les conséquencesNon exigé pour dissoudreToutes les conséquences réglées dans la convention
OùMairie ou notaire qui a enregistré le PACSDépôt chez un notaire
Prise d'effet entre les intéressésEnregistrement de la dissolutionDépôt de la convention chez le notaire
Prestation compensatoireNon prévuePossible
Droit de partage sur les biens partagés1,10 %1,10 %

Comment rompre un PACS d'un commun accord ?

Les deux partenaires remplissent une déclaration conjointe de dissolution, le formulaire cerfa n° 15789, et l'adressent à la mairie qui a enregistré le PACS, ou au notaire si le PACS a été conclu devant notaire. Aucun avocat n'est nécessaire.

Selon service-public.gouv.fr, pour un PACS enregistré en mairie, l'envoi peut se faire par lettre recommandée avec avis de réception, avec la copie d'une pièce d'identité de chacun, ou sur place, même par un seul des partenaires muni des pièces d'identité des deux. L'officier d'état civil enregistre la dissolution, en informe les mairies de naissance pour la mention en marge de l'acte de naissance, et envoie une confirmation.

La dissolution prend effet entre les partenaires à la date de son enregistrement, et à l'égard des tiers une fois les formalités de publicité accomplies.

Peut-on rompre un PACS seul ?

Oui. Un partenaire peut mettre fin au PACS sans l'accord de l'autre et sans avoir à se justifier. Il fait signifier sa décision à l'autre partenaire par un commissaire de justice (anciennement huissier), qui transmet ensuite la copie de la signification à la mairie ou au notaire ayant enregistré le PACS.

C'est une différence majeure avec le mariage : un époux ne peut pas divorcer à l'amiable sans l'accord de l'autre. Si l'un refuse, seul un divorce judiciaire est possible. Le guide mon conjoint refuse le divorce amiable présente les options.

Le PACS est aussi dissous automatiquement par le mariage des partenaires, entre eux ou avec une autre personne, et par le décès de l'un d'eux.

Pourquoi le divorce amiable impose-t-il plus de formalités ?

Parce que le mariage crée des droits et des devoirs plus étendus, la loi exige que leur fin soit organisée en une seule fois. Dans un divorce par consentement mutuel, chaque époux a son avocat (article 229-1 du Code civil) et la convention doit régler toutes les conséquences du divorce, à peine de nullité (article 229-3).

Le projet est envoyé à chacun en recommandé, puis un délai de réflexion de 15 jours s'impose avant toute signature (article 229-4). La convention signée est transmise au notaire dans les 7 jours, qui la dépose dans les 15 jours ; le divorce prend effet à cette date. Ces étapes protègent l'époux le plus vulnérable, mais rallongent la procédure. Le détail figure dans le guide procédure du divorce par consentement mutuel.

Comment sont partagés les biens dans chaque cas ?

Pour les partenaires de PACS, chacun reprend ses biens personnels, et les biens communs sont partagés selon les règles prévues par le PACS. Chacun peut prouver par tout moyen qu'il est propriétaire d'un bien, par exemple avec une facture à son nom. En cas de désaccord sur les conséquences patrimoniales, le juge aux affaires familiales peut être saisi.

Pour les époux, le partage dépend du régime matrimonial : sans contrat, c'est la communauté réduite aux acquêts, où les biens acquis pendant le mariage sont en principe communs. Dans un divorce amiable, le partage doit figurer dans l'état liquidatif annexé à la convention, établi par un notaire s'il porte sur un bien immobilier.

Dans les deux cas, un partage consécutif à la rupture supporte le droit de partage au taux de 1,10 % depuis le 1er janvier 2022 : la baisse du taux, votée par la loi de finances pour 2020, vise expressément le divorce, la séparation de corps et la rupture d'un PACS.

Exemple chiffré

Inès et Paul, pacsés, ont acheté un appartement en indivision à parts égales, estimé à 200 000 €, avec 80 000 € de prêt restant dû. L'actif net est de 120 000 €. Si Inès rachète la part de Paul, elle lui verse 60 000 € et reprend le prêt avec l'accord de la banque. Le droit de partage est de 120 000 × 1,10 % = 1 320 €, hors émoluments du notaire. Le calcul serait identique pour un couple marié dans la même situation.

Quels droits envers l'ex-partenaire ou l'ex-époux ?

La différence la plus nette concerne la prestation compensatoire. Elle n'existe qu'en cas de divorce : elle compense la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives (article 270 du Code civil). Rien de comparable n'est prévu pour la rupture d'un PACS.

Un partenaire qui estime subir un préjudice du fait de la rupture peut seulement saisir le juge aux affaires familiales d'une demande de réparation, selon service-public.gouv.fr. Le nom d'usage, quant à lui, ne concerne que le mariage. Le guide prestation compensatoire détaille les critères du côté du divorce.

Les règles sont-elles différentes pour les enfants ?

Non. Les droits et devoirs des parents envers leurs enfants ne dépendent pas du lien entre les parents. Mariés, pacsés ou en concubinage, les parents exercent en principe l'autorité parentale en commun et contribuent à l'entretien des enfants à proportion de leurs ressources (article 371-2 du Code civil).

Ce qui change, c'est la forme. Dans un divorce amiable, la résidence et la pension figurent dans la convention, qui a force exécutoire, et chaque enfant mineur doit être informé de son droit d'être entendu. Lors d'une rupture de PACS, rien n'est organisé automatiquement : les parents qui veulent un cadre sûr doivent faire fixer ces points, par exemple par le juge aux affaires familiales. Renseignez-vous auprès d'un avocat ou de la Caf sur la façon de rendre votre accord exécutoire.

Quelles conséquences fiscales l'année de la rupture ?

Elles sont identiques. L'année du divorce ou de la rupture du PACS, chacun dépose sa propre déclaration de revenus pour l'année entière, avec ses revenus personnels et sa part des revenus communs, selon impots.gouv.fr. Le changement de situation se signale aussi dans l'espace de gestion du prélèvement à la source pour adapter le taux.

À retenir

Rompre un PACS est rapide et peut se faire seul, mais n'organise rien : biens, enfants et logement restent à régler à côté. Le divorce amiable est plus encadré, mais tout est réglé en un seul acte, avec la protection de deux avocats. Chez Divorcial, un divorce amiable commence à 189 € par époux.

Questions fréquentes

Faut-il dissoudre un PACS avant de se marier ?

Non, si vous épousez votre partenaire ou une autre personne : le mariage dissout automatiquement le PACS, sans démarche. En revanche, pour conclure un nouveau PACS avec une autre personne, il faut d'abord dissoudre le premier.

La rupture d'un PACS coûte-t-elle quelque chose ?

La déclaration conjointe ne nécessite pas d'avocat. Des frais apparaissent en cas de rupture unilatérale, signifiée par un commissaire de justice, pour un PACS conclu devant notaire, ou pour le partage d'un bien immobilier, qui supporte le droit de partage de 1,10 %.

Un partenaire de PACS peut-il demander une pension pour lui-même ?

Non. Il n'existe pas de prestation compensatoire en cas de rupture de PACS. Seule la contribution à l'entretien des enfants, due par chaque parent, peut donner lieu à une pension alimentaire après la séparation.

Peut-on divorcer à l'amiable sans l'accord de son époux ?

Non. Le divorce par consentement mutuel suppose l'accord des deux époux sur le principe et sur toutes les conséquences. À défaut, l'époux qui veut divorcer doit engager une procédure de divorce judiciaire devant le juge aux affaires familiales.

Sources